Des arpenteurs-géomètres honorés dans la
toponymie du Québec


SANTERRE, R. (2002-03). "Des arpenteurs-géomètres honorés dans la toponymie du Québec." Géomatique, Revue de l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, Partie I – 29(2), pp. 10-15 (3035 Kb PDF), Partie II – 29(3), pp. 8-12 (2296 Kb PDF), Partie III – 29(5)
, pp. 14-18 (2977 Kb PDF).

 

La toponymie du Québec compte plus de 80 noms d’arpenteurs-géomètres, cartographes, hydrographes, géodésiens et photogrammètres. Ces personnes ont marqué, souvent dans des conditions difficiles, la découverte, l’exploration et le développement du Québec. Leurs noms sont à jamais inscrits dans notre Histoire.

Les prochaines pages présentent pour chacun des toponymes une description des lieux et une courte biographie de la personne ainsi honorée.

 

Adams, canton                       47°44'N  72°58'O

Situé à environ 30 km au nord de La Tuque, ce canton de forme irrégulière au nord-est est limité par la rivière Saint-Maurice. 

C'est en l'honneur de l'arpenteur John Adams que ce canton a été nommé.  En 1829, Adams était l'arpenteur attitré de la première exploration officielle de la région située entre le Saint-Maurice et
l'Outaouais. 


Allioux, lac                             47°27'N  70°56'O

Ce lac est situé près de la limite sud-est de la réserve faunique des Laurentides à environ 35 km à l'ouest de Baie-Saint-Paul. 

    

Le toponyme évoque Vincent Allioux, né en 1698.  Venu en Nouvelle-France vers 1721, il enseigne l'hydrographie au Collège de Québec jusqu'en 1729, puis retourne en France pour y étudier la théologie.  Il reviendra à Québec en 1734 comme prêtre jésuite.


Arcand, canton                      46°55'N  73°25'O

Ce canton est situé partiellement dans la réserve faunique Mastigouche, à environ 40 km au nord-est de Saint-Michel-des-Saints dans la région de Lanaudière.

Ce nom rappelle Léon-O.-A. Arcand (1830-1893) qui, après son admission comme arpenteur, a confectionné le cadastre de la ville de Trois-Rivières.  De 1878 à 1891, l'arpenteur Arcand deviendra responsable du bureau du cadastre de Trois-Rivières.


Bacon, canton                        49°22'N  78°45'O

Canton inhabité situé à 75 km au nord-est de La Sarre. Le lac Mistaouac, le lac et la rivière Wawagosic rattachent ce canton au bassin hydrographique de la rivière Harricana. 

Dénommé en mémoire de Louis Bacon (1689-1767), arpenteur pour le gouvernement de Québec (1731) suivant un certificat de capacité signé du père Deslandes, professeur d'hydrographie au collège des Jésuites de Québec.


Baillairgé, canton                  48°42'N  73°54'O

Situé entre le réservoir Gouin et le lac Saint-Jean. Une route secondaire partant de Roberval le traverse d'est en ouest. 

Baillairgé, rivière                  48°24'N  78°00'O

Le lac Baillairgé, sis à environ 25 km au nord-ouest de la ville de Val-d'Or, donne naissance à la rivière du même nom.

C'est en l'honneur de Charles Baillairgé (1826-1906) qu'ont été désignés le canton, le lac et la rivière.  Né à Québec, Charles Baillairgé étudie les lettres et les sciences au Petit Séminaire de Québec, où il obtient ses diplômes en sciences mathématiques et physiques de même qu'en architecture.  Il était à la fois ingénieur, architecte et arpenteur. En plus de se livrer à l'arpentage, il a mis ses talents d'architecte à contribution tout au cours de sa brillante carrière dans la conception de plus de 180 édifices, tels l'Université Laval, la prison de Québec, le parlement canadien (de 1863 à 1865), des églises, etc.  De 1866 à 1898, il occupe le poste d'ingénieur municipal à la Ville de Québec.  Auteur de plus de 250 articles et ouvrages, dont Nouveau traité de géométrie et de trigonométrie (1866), il reçoit à Paris, en 1874, la médaille d'or de la Société de vulgarisation de l'instruction au Conservatoire des arts et métiers. En 1880, il devient membre de l'Académie royale des arts et, en 1882, membre de la Société royale du Canada. Il participa à la fondation de la Société de géographie de Québec et en fut président de 1891 à 1894.  Il fut aussi le premier président de la Corporation des arpenteurs-géomètres du Québec de 1882 à 1885.
http://www.biographi.ca/fr/bio/baillairge_charles_13F.html

       


Basset, canton                       52°39'N  67°05'O

Le nom de ce canton situé au sud de la ville de Fermont, et dont la pointe nord-est frôle la frontière Québec-Labrador.

Ce canton rappelle le souvenir de Bénigne Basset, né à Paris vers 1639, notaire royal et arpenteur de Montréal à qui l'on doit, outre ses 2 525 actes, un plan des premières rues de cette ville dressé en 1672. Venu en Nouvelle-France probablement en 1657, il est décédé en 1699. 
http://www.biographi.ca/fr/bio/basset_des_lauriers_benigne_1F.html


Bayfield, canton                    49°10'N 69°55'O

Ce canton inhabité est situé à 20 km au sud-ouest de Labrieville sur la Côte-Nord. 

Bayfield, mont                       48°48'N  66°49'O  

Mont situé en Gaspésie dans la Réserve faunique de Matane.       

  

Ce canton et ce mont rappellent Henry Wolsey Bayfield (1795-1885), originaire de Hull, dans le Yorkshire, officier de marine et hydrographe qui, à partir de 1817, a réalisé les relevés hydrographiques du Saint-Laurent et de ses îles, depuis les Grands Lacs jusqu'au détroit de Belle Isle.  Il s'intéressait également à la géologie, à la minéralogie et à l'astronomie nautique.  Il est l'auteur de plusieurs articles en ces domaines et de trois ouvrages hydrographiques dont The St. Lawrence Pilot (1860). 
http://www.biographi.ca/fr/bio/bayfield_henry_wolsey_11F.html

   


Bélanger, canton                   51°55'N  67°20'O

Canton inhabité, situé à l'est du Petit lac Manicouagan sur la Côte-Nord.

Henri Bélanger (1887-1960), arpenteur et pionnier de l'utilisation de la photogrammétrie et des communications, s'est illustré par ses travaux d'exploration de la Côte-Nord et des régions de Schefferville, de Chibougamau et du lac Mistassini.  Il fut président de la Corporation des arpenteurs-géomètres du Québec de 1950 à 1952. L’Université Laval lui décerna un doctorat honorifique en arpentage en 1951.


Bellin, canton                        49°40'N  76°20'O

Canton inhabité, situé au nord de Desmaraisville sur la route qui mène de Lebel-sur-Quévillon à Chapais. 

Bellin, lac                               54°42'N  69°39'O

Ce lac du Nord québécois, fait maintenant partie du réservoir de Caniapiscau.

Ces toponymes évoquent Jacques-Nicolas Bellin (1703-1772), cartographe et ingénieur du roi, membre de l'Académie royale de marine et de la Société royale de Londres. Il fut le premier hydrographe du Dépôt de la marine de France. Auteur, entre autres, des plans et des cartes de l'Histoire et description générale de la Nouvelle-France, œuvre du père Charlevoix publiée en 1744.  Bellin, grâce aux notes des découvreurs et des ingénieurs militaires, a préparé de nombreuses cartes couvrant l'ensemble des territoires français d'Amérique au XVIIIe siècle. Signalons, en particulier, ses cartes de la Rivière du Saguenay et de la Baye de Hudson (1744), de la Nouvelle-France ou Canada (1755), de l'Acadie (1757) ainsi que plusieurs planches de son Petit Atlas maritime, publié en cinq volumes en 1764. 


 


Berlinguet, canton                 48°42'N  74°08'O

Ce canton inhabité est situé au nord-est du réservoir Gouin, en Mauricie. 

François-Xavier Berlinguet (1830-1916), était architecte, ingénieur civil, sculpteur, entrepreneur et arpenteur.  Il a construit une cinquantaine d'églises et dessiné plusieurs décors intérieurs.  Il a été président des architectes du Québec (1892) et président de la Société de géographie de Québec en 1906-1907. Il était le père de l’arpenteur-géomètre François-Xavier Thomas Berlinguet (1855-1957) détenteur d’un doctorat honoris causa en arpentage de l’Université Laval en 1952.
http://www.biographi.ca/fr/bio/berlinguet_francois_xavier_14F.html

          

 

Bignell, canton                      50°06'N  73°55'O

Bordé par le lac Waconichi au nord-ouest, le canton de Bignell est situé au sud du lac Mistassini. 

Bignell, lac                             48°22'N  73°38'O

Ce lac est situé à l'extrémité sud-est du canton de Laflamme, à mi-chemin entre le réservoir Gouin et le lac Saint-Jean.

La désignation de ce canton et de ce lac rappelle le souvenir de John Bignell (1817-1902) admis arpenteur en 1843. Il s'est rendu aux sources du Saint-Maurice (1847), de la Gatineau, de la Mégiscane et de l'Outaouais, a exploré les environs du lac Mistassini et a fait le relevé de plusieurs rivières sur la Côte-Nord. En 1884, Bignell représente le Québec lors de l'expédition conjointe fédérale-provinciale au lac Mistassini.

Blaiklock, canton                  50°05'N  74°20'O

Situé au nord de Chibougamau et aux confins du bassin hydrographique de la rivière Nottaway. Ce canton est irrigué par la rivière Chibougamau. 

C'est le nom de Frederic William Blaiklock (1822-1901) qui est retenu ici pour identifier ce canton.  Né à Québec, cet arpenteur fut le premier à effectuer des mesures dans la vallée de la rivière Ashuapmushuan, au nord du lac Saint-Jean.  Il a également tracé les chemins menant de Stoneham et de La Tuque au lac Saint-Jean, et, de 1850 à 1853, il a arpenté les limites territoriales entre le Canada et le Nouveau-Brunswick. Pendant 23 ans (1878-1901), il fut chargé du Bureau du cadastre à Montréal.


Blouin, lac                              48°09'N    77°46'O           

Ce lac est situé dans le sud-ouest du canton de Senneville.

Ce lac doit son nom à Alphonse Blouin, un arpenteur-géomètre du ministère des Terres et Forêts du Québec qui effectua plusieurs voyages d'exploration dans la région en 1905 et 1906. Le lac s'appellait à cette époque Pakitanika et certains explorateurs le nommaient aussi Lac des Bancs. Les lacs Blouin, De Montigny, Lemoine et Mourier constituent les sources de la rivière Harricana. C'est à proximité du lac Blouin que s'édifia en 1935 la ville de Val-d'Or.

Boisbuisson, canton              49°02'N  65°47'O

Situé au nord-ouest de Murdochville, ce canton inhabité se retrouve dans la réserve faunique des Chic-Chocs.

Ce canton rappelle la mémoire de Louis-Marin Boucher dit Boisbuisson, né vers 1630, à Mortagne, dans le Perche, et décédé à Québec le 28 décembre 1700.  Nommé arpenteur en 1672, il a exécuté quelques bornages dans la région de Trois-Rivières, à Lauzon et à Montréal.

Bonnécamps, canton             48°55'N  65°40'O

Ce canton inhabité est situé dans la réserve faunique des Chic-Chocs, immédiatement à l'ouest de Murdochville. 

Son nom a été attribué en l'honneur du père jésuite Joseph-Pierre de Bonnécamps (1707-1790), professeur d'hydrographie et de mathématiques au Collège de Québec (1743-1760). Il a participé à l'expédition de reconnaissance de l'Ohio préparée par Pierre-Joseph Céloron de Blainville, en 1749, surtout comme savant, géographe et cartographe.  Il a d'ailleurs dressé une remarquable carte de la région de l'Ohio.  En 1752, il installa un observatoire astronomique sur le toit du Collège des Jésuites à Québec. Ce professeur de sciences retourna en France après la Conquête.
http://www.biographi.ca/fr/bio/bonnecamps_joseph_pierre_de_4F.html


Bouchette, canton                 46°14'N  76°02'O

Canton situé à 75 km au nord-ouest de Hull, au sud de Maniwaki et de la réserve faunique La Vérendrye. 

Bouchette, municipalité        46°13'N  75°58'O

Cette municipalité provient de la fusion, en 1980, de la municipalité du canton de Bouchette et de celle de Cameron dans la région de l’Outaouais.

Bouchette, lac                       48°15'N  72°12'O

Cet élargissement de la rivière Ouiatchouan est situé à une vingtaine de kilomètres au sud du lac Saint-Jean.

Lac-Bouchette, municipalité  48°15'N  72°11'O

Munipalité située au sud du lac Saint-Jean, à quelques kilomètres au sud-ouest de Chambord.

C'est en l'honneur de Joseph Bouchette (1774-1841) que ces toponymes furent désignés. Joseph Bouchette, qui eut une carrière civile et militaire, s'est illustré comme arpenteur général du Bas-Canada en remplacement de son oncle Samuel Holland.  Il publie, en 1815, son grand ouvrage Description topographique de la province du Bas Canada, qui constitue la somme des connaissances du territoire pour l'époque.  L'ouvrage, accompagné de quelques cartes essentielles, fut publié à Londres, en français, en même temps que l'édition anglaise.  Ses cartes régionales et ses deux descriptions topographiques du Bas-Canada (la deuxième publiée en 1831-1832) s'imposent encore comme des références essentielles pour la connaissance du territoire. 
http://www.biographi.ca/fr/bio/bouchette_joseph_7F.html

     

    


Bourdon, canton                    49°22'N  67°58'O

À 15 km au nord-est de Baie-Comeau, ce canton inhabité borde la rive nord du fleuve Saint-Laurent. 

Bourdon, île                           45°43'N  73°29'O

Cette île est située à l'embouchure de la rivière L'Assomption dans la région de Lanaudière. Une autre île Bourdon est située en face de Terrebonne, dans la rivière des Mille Îles.

Ces toponymes ont été attribués en l'honneur de Jean Bourdon (vers 1601-1668). Ce personnage important de la colonie naissante, d'origine normande, fut également ingénieur-arpenteur, cartographe, commerçant, seigneur, procureur-syndic de Québec, commis général de la Communauté des Habitants, explorateur et procureur général du roi au Conseil souverain.  Il fut l’auteur des premiers plans de Québec et des environs. Il introduisit en Nouvelle-France le système d’unités de la Coutume de Paris. En 1657, alors qu'il devait aller prendre possession de la baie d'Hudson au nom du roi de France, il ne put réaliser sa mission et dut s'arrêter au 55e degré de latitude après avoir suivi le détroit de Belle Isle et la côte du Labrador.
http://www.biographi.ca/fr/bio/bourdon_jean_1F.html

Dombourg, îlets                     46°43'N  71°32'O

Groupe de cinq îlots formés de rochers émergeant des battures de la pointe aux Trembles à quelques kilomètres à l'est de Neuville.

Le toponyme Dombourg résulte de l'inversion des deux syllabes du patronyme Bourdon.  Jean Bourdon, ingénieur-arpenteur et cartographe, a pris possession de la «terre, fief et seigneurie dite de Dombourg ou la Pointe-aux-Trembles», pour son fils Jean-François Bourdon, lui-même aussi arpenteur.           


Boutet, canton                       48°35'N  66°40'O

Le canton de Boutet prend place entre le fleuve Saint-Laurent et la baie des Chaleurs, dans les monts Chic-Chocs. Couvrant une partie des réserves fauniques de Matane et de Dunière.

Il rappelle la mémoire de Martin Boutet de Saint-Martin, né vers 1612 en France, arrivé en Nouvelle-France parmi les engagés de 1643 et décédé à Québec vers 1683. Premier instituteur laïc à Québec, il fut professeur et directeur de chant choral. En 1671, il devient le premier professeur d’arpentage et d’hydrographie du Collège des Jésuites de Québec.
http://www.biographi.ca/fr/bio/boutet_de_saint_martin_martin_1F.html


Brabazon, canton                  49°22'N  78°59'O

À près de 60 km au nord de La Sarre, en Abitibi, est situé ce canton appartenant au réseau hydrographique de la rivière Harricana, tributaire de la baie James. 

Ce nom est celui de l'arpenteur Samuel Levigne Brabazon (1827-1904).  Né en Irlande, il est venu au Canada en 1854 et s'est installé à Portage-du-Fort, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Ottawa.  De là, il pouvait s'occuper des arpentages qu'il entreprenait dans la vallée de l'Outaouais.

Brégent, lac                           56°49'N  65°54'O

C'est dans le Nord-du-Québec que l'on retrouve le lac Brégent, soit à environ 50 km à l'ouest de la rivière George et à quelque 225 km au nord de Schefferville.

Ce toponyme souligne la carrière de l'arpenteur-géomètre Edmond-François Brégent (1887-1959). Il étudie successivement au collège Mont-Saint-Louis (Montréal), à l'Université McGill (Montréal) et à l'institut Pasteur (Paris), en 1908 et 1909.  De retour à McGill, il obtient en 1910 un baccalauréat en sciences avec spécialité en mines, puis est reçu arpenteur-géomètre en 1914.


By, canton                             47°30'N  79°15'O        

Ce canton est de forme triangulaire situé à une cinquantaine de kilomètres au nord du réservoir Cabonga. Dans le coin sud-ouest de ce canton, où passe la frontière de la réserve faunique La Vérendrye, serpentent la rivière Gens de Terre et son affluent, la rivière Wapus.

En nommant ce canton, on a voulu honorer John By (1779-1836), ingénieur militaire anglais qui fut envoyé au Canada en 1826 avec la mission de construire un canal entre Kingston et Ottawa. Il s'était déjà trouvé au pays entre 1802 et 1811, comme lieutenant des Royal Engineers. À ce titre, il s'occupa notamment d'améliorer les fortifications de Québec et de construire les tours Martello. Le canal Rideau fut ouvert en 1832 et la ville qui surgit sur l'Outaouais s'appela d'abord Bytown, puis Ottawa en 1855, avant d'être choisie comme capitale du Canada-Uni en 1857 par la reine Victoria. John By est décédé en 1836 à l'âge de 55 ans.
http://www.biographi.ca/fr/bio/by_john_7F.html

 

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