Des arpenteurs-géomètres honorés dans la
toponymie du Québec


SANTERRE, R. (2002-03). "Des arpenteurs-géomètres honorés dans la toponymie du Québec." Géomatique, Revue de l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, Partie I – 29(2), pp. 10-15 (3035 Kb PDF), Partie II – 29(3), pp. 8-12 (2296 Kb PDF), Partie III – 29(5)
, pp. 14-18 (2977 Kb PDF).

 

O’Sullivan, canton                 50°15'N  73°54'O

Implanté à environ 40 km au nord-est de la ville de Chibougamau, ce canton est arrosé, dans sa partie nord, par le lac Mistassini. 

Le toponyme évoque Henry O'Sullivan (1845-1912), arpenteur-géomètre, géologue et explorateur pour le compte du gouvernement du Québec dont il fut inspecteur des Arpentages.  Né à Sainte-Catherine de Portneuf, il a fait ses études à l'Université Laval de Québec et est devenu ingénieur civil et arpenteur.  Le territoire qu'il a exploré est celui du Moyen-Nord principalement : Abitibi, Pontiac, Outaouais supérieur, etc.  Henry O'Sullivan a publié plusieurs rapports sur l'exploration de l'étendue du pays compris entre le lac Saint-Jean et la baie James notamment en 1897, 1898 et 1901.  Dans le deuxième rapport paru en 1901, il ajoute, en plus de l'exploration de ces régions, des commentaires sur celle du lac Mistassini en particulier et des remarques sur les diverses voies proposées du chemin de fer Québec-Baie James. La rivière O'Sullivan, en Abitibi, a été nommée par O'Sullivan lui-même.


Pellegrin, canton                   48°30'N  64°50'O

Situé à environ 45 km au sud-ouest de la ville de Gaspé et à 15 km au nord de celle de Chandler, ce canton de l'intérieur gaspésien est traversé par la rivière du Petit Pabos. 

Son nom évoque Gabriel Pellegrin (1713-1788).  De 1734 à 1740, il a assisté Richard Testu de La Richardière, capitaine du port de Québec, dans l'exécution des levés hydrographiques les plus considérables jamais entrepris sous le Régime français, principalement dans le golfe du Saint-Laurent.  Pellegrin fut nommé hydrographe du roi en 1757 en remplacement du père Joseph-Pierre de Bonnécamps.  Rentré en France après la Conquête, il y poursuit sa carrière.
http://www.biographi.ca/fr/bio/pellegrin_gabriel_4F.html

Séverin-Pelletier, mont                              48°48'N  66°50'O

Situé dans le Parc Matane en Gaspésie, ce mont est longé par le sentier international des Appalaches.

 



Ce toponyme évoque le souvenir de Séverin Pelletier (1923-1995), un arpenteur-géomètre et ingénieur-forestier natif de Cap-Chat et domicilié à Matane. Il réalisa plusieurs travaux d’arpentage dans la réserve faunique de Matane. Il fut membre du Bureau de direction de l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec de 1966 à 1972. Deux de ses fils (Pierre et Paul) sont arpenteurs-géomètres et un autre de ses fils (Jean) est ingénieur forestier.
 

Plamondon, canton                50°15'N  74°10'O

La ville de Chibougamau, dans le Nord québécois, se trouve à 40 km au sud du canton de Plamondon.  L'extrémité de la baie Pénicouane du lac Mistassini arrose le secteur nord-ouest de ce territoire. 

Le canton honore la mémoire de Ignace Plamondon, dit Lafleur (1712-?), né à Lorette (L'Ancienne-Lorette), a reçu sa commission d'arpenteur royal le 24 décembre 1733. Il a arpenté, entre autres, toutes les terres des Ursulines de Québec et a produit des plans d'arpentage des seigneuries des Jésuites dans les environs de cette ville.  Il a notamment travaillé dans la seigneurie de Lotbinière.  


Proulx, canton                       48°48'N  71°59'O

Limité à l'est par la Petite rivière Péribonka, ce canton situé à 15 km à l'est de Mistassini. 

Ce toponyme évoque la mémoire de Jean-Pierre Proulx, un des tout premiers arpenteurs qui aient œuvré au Saguenay.  Au mois d'août 1828, il lui fut demandé par les commissaires David et Edward Stuart, qui devaient étudier les terres des Postes du Roi, de se rendre à Chicoutimi en tant que commissaire enquêteur, d'explorer le Saguenay jusqu'aux Terres-Rompues et de reconnaître les endroits propices à la culture. Proulx a pratiqué sa profession de 1820 à 1856.


Raffeix, canton                      49°00'N  68°45'O

Limité au sud-ouest par la rivière Betsiamites, ce canton fait partie de Lac-au-Brochet, territoire non organisé de la Haute-Côte-Nord. 

Le jésuite Pierre Raffeix (1635-1724), originaire de Clermont-Ferrand, vint en Nouvelle-France en 1663.  Après avoir accompagné les expéditions de Courcelle et de Tracy chez les Iroquois en 1666, il se vit confier, à la fin de l'année suivante, la tâche de fonder la mission de Laprairie-de-la-Madeleine, seigneurie des Jésuites et réserve des Iroquois convertis.  Par la suite, on le trouve principalement au collège de Québec.  Il a tiré parti des données du père Marquette et de Louis Jolliet en traçant des cartes de la Nouvelle-France, notamment en 1676 et en 1688.  http://www.biographi.ca/fr/bio/raffeix_pierre_2F.html


Raimbault, canton                 52°47'N  67°45'O          

La partie orientale du canton de Raimbault est traversée par la rivière aux Pékans, important tributaire de la Moisie.  Ce territoire sis à quelque 25 km à l'ouest de Fermont, près du tracé de la frontière entre le Québec et le Labrador terre-neuvien.

Le marchand-ébéniste Pierre Raimbault (1671-1740), né à Montréal, a occupé les fonctions de notaire royal (1699), procureur par intérim (1700), puis en titre (1706), subdélégué de l'intendant à Montréal et lieutenant général civil et criminel (1727-1740) et arpenteur et mesureur (1701).  http://www.biographi.ca/fr/bio/raimbault_pierre_2F.html


Rainboth, canton                   49°23'N  78°32'O

Situé à environ 80 km au nord d'Amos, en Abitibi. Il est traversé par la rivière Plamondon, tributaire de la rive gauche de la rivière Harricana qui se jette dans la baie James. 

Le toponyme rappelle les arpenteurs-géomètres George C. et Edward J. Rainboth.  Né près de Saint-André-Est, dans Argenteuil, George C. Rainboth (1846-1910) a été admis à la profession d'arpenteur-géomètre, en Ontario en 1868 et au Québec, en 1871. Edward J. Rainboth (1855-1929), frère du précédent, né à Aylmer, reçu à la même profession en 1876, a exercé au Québec puis en Ontario.

    


Ramusio, lac                          55°03'N  63°42'O

Ce lac est situé à l'ouest du Labrador terreneuvien et se déverse à l'ouest vers la George, rivière qui termine sa course dans la baie d'Ungava. 

Ce toponyme honore la mémoire du géographe et homme d'État italien Giovanni Battista Ramusio.  Né à Trévise en 1485, il devient secrétaire du Conseil des Dix en 1533.  Ambassadeur dans de nombreux pays, cet érudit recueille, traduit en italien puis édite les plus importants récits de voyage du passé et de son époque.  C'est ainsi que paraît en 1556, dans l'un des trois volumes de Raccolta di Navigationi e Viaggi, la Relation du deuxième voyage de Jacques Cartier au Canada, effectué en 1535-1536.  Elle n'avait jamais été publiée auparavant, pas même en français.  Dans l'œuvre de Ramusio, on retrouve plusieurs cartes, dont celles du Mexique, du Brésil, de la Nouvelle-France et du monde, ainsi que le premier plan de Montréal.


Rannie, canton                      46°30'N  77°45'O

Le canton de Rannie est traversé du nord au sud, dans sa partie centrale, par la rivière Dumoine, tributaire gauche de l'Outaouais qu'elle atteint à une trentaine de kilomètres plus au sud. 

L'arpenteur-géomètre John Leslie Rannie (1886-1954), diplômé de l'Université de Toronto (1907), a occupé le poste de chef des Levés géodésiques du Canada (1947-1951), organisme pour lequel il travaillait depuis 30 ans.  Son intérêt pour la fabrication de modèles nouveaux d'instruments d'arpentage l'a fait connaître internationalement.  Ses découvertes ont permis d'accroître notablement la précision des théodolites aujourd'hui en usage.  J. L. Rannie a contribué dans une large mesure à l'établissement du réseau géodésique du Québec. En 1930, il était devenu membre de la Corporation des arpenteurs-géomètres du Québec. 


Rooney, lieu-dit                     45°47'N  76°27'O

Ce lieu-dit de l'Outaouais, dans le Pontiac, se trouve dans la municipalité du canton de Thorne.

James Roney, arpenteur qui, en 1881-1882, a décrit le canton de Thorne où se situe le lieu-dit de Rooney.  On sait par ailleurs que le lac Roney, qu'on retrouve à 30 km au nord du lieu-dit, tient son nom de cet arpenteur qui avait travaillé également dans la région autour du lac.


Saint-Cyr, rivière                  49°19'N  75°19'O

La rivière Saint-Cyr prend sa source à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest du réservoir Gouin, contiguë au lac Mégiscane.  La Saint-Cyr fait partie du grand réseau hydrographique de la rivière Nottaway. 

La rivière Saint-Cyr fut ainsi nommée par l'arpenteur Henry O'Sullivan afin d'honorer Arthur Saint-Cyr (1860-1923), son assistant de 1879 à 1886, soit jusqu'à l'obtention du double titre d'arpenteur provincial et fédéral.  Peu de temps après, Saint-Cyr devient responsable de la localisation et de la construction du chemin de fer de la compagnie Quebec Central devant relier les villes de Lévis et de Sherbrooke.


Silvy, canton                          48°35'N  70°35'O

Ce canton arrosé par la rivière Sainte-Marguerite est situé du côté nord du Saguenay. 

Ce canton rend hommage au père Antoine Silvy (1638-1711) originaire d'Aix-en-Provence, arrivé à Québec en 1673. Il a fait trois importants voyages : d'abord à la baie James avec Louis Jolliet (1679), puis à la baie d'Hudson, par mer, avec Claude Bermen de La Martinière (1684-1689) et au même endroit, par terre, avec le chevalier de Troyes, en 1686. À partir de 1693, il s'installe au collège des Jésuites, à Québec, où il œuvre comme professeur de mathématiques et d’hydrographie.


Simard, lac                             47°37'N  78°41'O

Ce plan d'eau du Témiscamingue constitue en fait un élargissement considérable de la rivière des Outaouais.  Il se situe à plus de 50 km à l'est du lac Témiscamingue. 

Ce toponyme honore la mémoire de Télesphore Simard.  Né en 1863 à Saint-Joachim, dans la région de Québec, il obtient de l'Université Laval un diplôme d'arpenteur en 1887 et explore les rivières de la Côte-Nord et du Témiscamingue pour le compte du gouvernement québécois.  En 1911, il fait l'arpentage des villages du nouveau comté d'Abitibi.  Élu député de Témiscamingue en 1916, il le demeure jusqu'à sa mort survenue en 1924 à Ville-Marie, dans sa circonscription. 


Sirois, canton                         48°45'N  65°10'O

À peu près à mi-chemin entre Grande-Vallée et New Carlisle, ce canton est principalement arrosé par les rivières Saint-Jean Ouest et Saint-Jean Sud, affluents de la rivière Saint-Jean qui se jette dans la baie de Gaspé. 

Ce canton porte le nom de Joseph-Eustache Sirois (1858-1919), né à La Pocatière; il a été reçu arpenteur-géomètre en 1882.  Arpenteur au service du gouvernement fédéral et ingénieur civil, il œuvre d'abord dans le Nord-Ouest canadien, puis il occupera jusqu'à sa mort un poste d'ingénieur de district pour le département des Travaux publics du Canada, dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.  De 1912 à 1919, il fut président de la Corporation des arpenteurs-géomètres du Québec.


Georges-Tremblay, rivière   49°14'N  68°30'O

Ce petit tributaire de la rivière aux Outardes s'y déverse à environ 15 km à l'ouest de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. 

Cette appellation rappelle le souvenir de l'arpenteur Georges-B. Du Tremblay, né à Baie-Saint-Paul en 1849 et décédé à Québec en 1909.  Diplômé de l'École normale Laval, à Québec, il obtient ses diplômes de première classe à l'École militaire de Québec, en 1868, et d'arpenteur-géomètre, en 1873.  Il semble que ses mandats d'arpentage l'aient amené à effectuer divers relevés autour de Baie-Comeau, mais son territoire principal d'activité demeure le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.  Il était le frère des arpenteurs P.P.V. Du Tremblay, A. Du Tremblay et J.O. Du Tremblay.


Vanier, canton           49°05'N  78°45'O

Ce canton situé à 35 km au nord-est de La Sarre en Abitibi est arrosé par quelques cours d'eau, dont la rivière Wawagosic, affluent de la rivière Harricana. 

Le nom est celui de Joseph-Émile Vanier (1858-1934), ingénieur civil (1877) et arpenteur-géomètre (1879), l'un des premiers diplômés de l'École polytechnique de Montréal où il enseigna pendant au moins quinze ans (1879-1895).  Le bureau qu'il ouvrit à Montréal en 1879 a exécuté d'innombrables travaux publics, des chemins de fer et des édifices publics, dans les municipalités voisines de Montréal.   


Vondenvelden, canton          48°37'N  65°10'O

Le canton de Vondenvelden occupe la péninsule gaspésienne à une cinquantaine de kilomètres au nord de New Carlisle. 

Ce nom rappelle William Vondenvelden (vers 1753-1809) qui pratiqua sa profession d'arpenteur dans la région de la Gaspésie, surtout de 1786 à 1793.  Venu au Canada en 1776, il fut, quelque temps avant 1803, adjoint de Samuel Holland, arpenteur général du Bas-Canada.  Au cours de son mandat comme député de Gaspé (1800-1804), il publia à Québec avec l'arpenteur Louis Charland l'ouvrage Extraits des titres des anciennes concessions de terre en fief et seineurie (1803) pour accompagner une carte — la première carte topographique du Bas-Canada — publiée à Londres la même année, intitulée A new topographical map of the Province of Lower Canada. http://www.biographi.ca/fr/bio/vondenvelden_william_5F.html


Walbank, canton                   48°45'N  65°35'O

Situé à 20 km au sud de Murdochville en Gaspésie, ce canton inhabité est arrosé par la rivière Bonaventure qui se jette dans la baie des Chaleurs, au sud.

William McLea Walbank (1856-1909) arpenteur-géomètre, ingénieur et architecte est né à St. John's, Terre-Neuve.  Bachelier de l'Université McGill en sciences appliquées (1877), il est admis quelque temps après comme arpenteur.  Il a assumé la présidence de la Corporation des arpenteurs-géomètres du Québec, de 1897 à 1900 et celle de l'Institut canadien des ingénieurs civils (1907).


Ware, canton                         46°25'N  70°28'O

Situé à moins de 20 km au nord-ouest de la frontière canado-américaine, ce canton irrigué par la rivière Famine, tributaire de la rivière Chaudière, est limité au nord-ouest par la rivière Etchemin. 

Ce toponyme évoque la mémoire de l'arpenteur William Ware. Reçu arpenteur en 1821, il a demeuré à Frampton, de 1823 à 1826.  En 1825, Ware fut désigné par les autorités du Bas-Canada pour explorer la région et tracer une route à partir du canton de Frampton jusqu'aux sources de la rivière Saint-Jean.

 

Principales références bibliographiques et iconographiques

Noms et lieux du Québec, Commission de Toponymie, Les Publications du Québec, CD-ROM Micro-Intel 1997.

Site Internet de la Commission de Toponymie du Québec : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/

Dictionnaire Biographique du Canada, Volumes I à VIII, Les Presses de l’Université Laval.

http://www.biographi.ca/index-f.html

Arpenteurs-géomètres un siècle : 1882-1982 par J.-R. Pelletier, Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, 1982.

Arpenteurs de Nouvelle-France par J.-R. Pelletier, Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, 1982.

Annuaires de la Corporation des arpenteurs-géomètres de la province de Québec de 1883 à 1971.

L’Homme et les méridiens par D.W. Thomson, Volumes 1 (1966), 2 (1973) et 3 (1985), Ministère de l’Énergie des Mines et des Ressources du Canada.

La cartographie et l’arpentage sous le Régime Français par J.-E. Roy, Bulletin des Recherches Historiques, pp. 17-56, 1895.

Seigneuries et fiefs du Québec : Nomenclature et cartographie par S. Courville, S. Labrecque et J. Fortin, Outils de recherche du CELAT, no. 3, Dossier toponymiques, 18, 1988.

Sources des cartes

Carte de compilation des cantons et des seigneuries du Québec, Ministère des Ressources Naturelles du Québec.

Google Maps : https://maps.google.ca/

Cartes topographiques du Ministère des Ressources Naturelles du Canada : http://geogratis.cgdi.gc.ca/geogratis/search?lang=fr

 

Remerciements

Un remerciement tout spécial à Mme Stéphanie Bourgon, professionnelle de recherche au Département des sciences géomatiques de Université Laval, pour son aide lors de la numérisation des photographies accompagnant ce document.

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